Approche Ligurienne

•août 19, 2007 • Laisser un commentaire

Elles ne m’obéissent pas, ces lampes fièvreuses, Via Bligny. Je les voulais riantes, elles se révèlent maintenant, dans cet épais 20 heures d’avril, beaucoup trop familières. Je ne devrais même plus m’étonner de ces trahisons nocturnes. Je sais, mais j’essaie. Ces détours prometteurs, par lesquels se fixe l’audace décharnée de rencontres décisives, s’évaporent, patiemment. C’est un gâchis terrible, ces lumières qui fondent dans cette densité, malgré le méthylène du gigantesque dôme apparu soudainement, parmi les éclats d’une foule dyspnéique. Et puis on entendra encore, plus tard, doucement, la nostalgie d’un peuple déchu, les plaintes hypocrites d’individus renversés. Mais les hommes renaissent toujours, à mesure que l’avenir les décime, et troquent leur existence pour des morceaux d’écorce.

Ballade Ambivalente

•août 19, 2007 • 3 commentaires

Au matin, il arrive qu’elle ne passe
Qu’à travers les miroirs jaloux et effacés,
Au risque de lisser leurs contrastes paresseux.

Un instant se figent ces journées magnétiques,
L’urgence des voix qui les portent ne cessent de résonner.

J’arpente, gourmand, l’orange de sa peau craintive,
Découvre les courbes de ses réflexions amères,
Revenues soudain de son infatigable zèle à l’austérité,
A l’abominable sérieux qui l’ennivre, si fréquemment.

Je n’ose initier un regard, furtif ou maladroit,
Doutant de ce jeu asymétrique aux règles dissonantes,
Préférant l’incertitude des fonds de cale philippins
Aux secondes naïves que je me refuse à admettre.

De tels arrangements, équivoques et lumineux,
Instruisent une quête aux reflets négligeables, aux objectifs souverains.

Je prends ma tendresse à mon cou,
Avant que ne se trame le sublime épilogue
De son frémissement malicieux.

Audace empruntée, trahison de ses yeux,
Je mesure la trace noire qui régit mon corps dépecé,
Elle s’agite et ressemble parfois à un long reptile,
Dominant le choix pernicieux de mes destinations approximatives.

Une mécanique perpétuelle
Actionne ces aurores imprenables.