Rosengarten
Des chemins de fer comme les lignes de mille mains, macroréseau métallique, témoin d’infinis migrations. Des histoires qui s’inventent, confusément, rythmées de vosbilletssilvousplait et de grincements d’aiguillage. Et au beau milieu de cet amas circonstanciel, les indicibles vibrations de ton coeur qui palpitent, se dédoublent parfois, tributaires directs d’une existence imposée quoiqu’opportune. Les voies s’alignent et disparaissent, au gré des pilônes qui se bousculent, pour ne plus laisser que celles qui t’emportent, dans l’ampérien murmure des câbles suspendus. Tes lectures résistent, au moyen de petites lampes oranges et cylindriques, aux longs passages effilés, à ces grottes transperçant l’Alpe, comprimant l’air et l’assombrissant. Eux aussi s’estompent, quand la plaine s’impose enfin à ton regard raisonnable et solitaire. Ces scènes anecdotiques se répètent, elles imprègnent mollement les décisions qui finissent par te caractériser, en quelque sorte, bien qu’elles ne soient extraordinaires qu’à mon entendement. Que me reste-t-il alors, sinon l’ahurissante absence de nos ambitions, sur ces rails d’amertume?

Pour certains l’ahurissante absence d’amertume, sur les rails des ambitions ?